Le scandale avait été révélé par le magazine 60 millions de consommateurs la semaine dernière. Dans son dernier numéro, le magazine révélait une vaste fraude aux frais d’incidents pratiquée par les différentes banques du groupe BPCE. Alors même que l’illégalité des frais n’était pas encore avérée, le groupe a annoncé qu’il modifierait son mode de fonctionnement pour convenir davantage aux exigences de ses clients.

Une victoire pour la défense des consommateurs

Le magazine 60 millions de consommateurs et l’Union nationale des associations familiales (Unaf) n’ont pas caché leur joie face à cette victoire. Maintenant, selon elles, il reste à déterminer l’ampleur des conséquences de ces frais abusifs et à comprendre exactement combien ils ont pu rapporter à ces banques.

Dans tous les cas, les banques du groupe BPCE, la Caisse d’Épargne et la Banque Populaire en tête, ont annoncé que ces frais, si non pas encore jugés illégaux, mais perçus comme illégitimes par le public, seraient révisés et modifiés le plus rapidement possible. L’intervention de la Banque de France qui avait annoncé qu’elle renforcerait ses contrôles a sans doute largement participé à la décision du groupe.

Des frais d’incidents indus

Ce scandale participe encore un peu à renforcer la défiance des Français de plus en plus grande à l’égard des banques. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à se tourner vers des néo-banques en ligne et des services de crédit en ligne. Cependant, ils ignorent souvent que ces services sont la propriété des banques historiques qu’ils essayent, justement, de fuir.

Dans tous les cas, les frais indus pratiqués par le groupe BPCE ne concernaient que les frais de découverts. En réalité, le fonctionnement était simple et très rentable : si vous réalisiez vingt opérations dans la journée et que la vingtième vous faisait passer à découvert, votre banque, quand elle constatait votre découvert à la fin de la journée, estimait alors que vous aviez été à découvert toute la journée. Elle vous faisait donc payer des frais d’incident sur les vingt opérations.

Une opération rentable et aucun remboursement annoncé

Aucun chiffre précis n’a été transmis publiquement, évidemment. Cependant, on sait que les frais d’incidents avaient rapporté aux banques françaises, en 2016, plus de 6 milliards d’euros. On imagine alors que la mise en place d’un tel système de frais abusifs a dû rapporter énormément d’argent au groupe BPCE.

Pourtant, lors de l’annonce de la modification de ce système de calcul des frais d’incident, aucune annonce concernant les montants obtenus n’a été faite. Aucune annonce non plus n’a été faite au sujet d’un éventuel remboursement des clients lésés. Pourtant, toute la démarche semble bien illégale et les clients de ces banques auront sans doute l’idée de se regrouper pour les poursuivre en justice.

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